la parole comme un cristal de sel

L62

Neuf

Cerceau du poème,
la parole tourne sur elle-même,
sans fin

Premières pages

Un livre de 82 p., illustré, noir et blanc, au format 140x210 broché dos carré collé, ép. 6 mm, pds 120 g
Août 2016 - isbn 9782914053945

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12,00 €

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Quatre saisons dans le cerceau du poème, ritournelle et litanie enchevêtrées, rassurant et enfermant à la fois. Quatre temps qui narrent la noirceur mais la vie, la vie mais difficile.
Chez Marie-Françoise Ghesquier la parole est toujours emmêlée dans une myriade d’animaux volatils, de végétaux divers et de couleurs variées ; la parole est salée, peut-être amère ; et c’est un cristal, un minéral, beau et froid. Parole ambivalente, toute de matière organique mais jamais très loin du minéral ; cette poésie a le sens de la pétrification.
Les cris des mouettes se perdent dans la rocaille, la respiration dans la craie. Voilà un coquelicot, là où les herbes dansent, mais sans envolée lyrique, et sa couleur… rouge suicide. Les êtres tirent leur vie de la terre, et retournent à la terre.
À hauteur d’ombre (Cardère, 2014) était déjà marqué par cette ambivalence. Dans ce nouveau recueil, la vie est là mais entre parenthèses, plaquée au sol, cernée par le minéral, plombée par des lambeaux de tristesse. Cette ronde des saisons devait être un enchantement, mais les peupliers ne sont que de vieux métronomes rouillés et l’aile noire du héron bat avec lenteur la mesure du temps qui s’essouffle. Cristal de sel, la parole semble indéfiniment tourner sur elle-même, pendant que les mots se figent en statues et l’alphabet s’étrangle dans des gorges nouées.

" … quand ils dormiront à poings fermés, les arbres,
branches repliées sous la tête,
le crépuscule libérera le troupeau des étoiles piaffantes.
Mille sabots de lumière. "

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