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Asinus in fabula

L59

Neuf

Nous répétons sans cesse le détour qui nous est indispensable pour essayer de justifier la peur d’aujourd’hui. Nous répétons sans cesse le détour qui nous est indispensable. Nous répétons sans cesse le détour…

Premières pages

Un livre de 66 p. au format 140x210, imprimé en noir sur bouffant ivoire 80 g, ép. 5 mm pds 100 g
Avril 2015 - isbn 9782914053808

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12,00 €

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Asinus in fabula est un « récit en vers adressé à un fantôme ».
Composé comme un chant, il se découpe en quatre parties de 24 strophes, séparées en deux groupes par un intermède – un entr’acte –, une fable en italien.
C’est un manège qui tourne, tourne, et les figures défilent, passent, reviennent, disparaissent à nouveau pour ressurgir encore.
C’est une ritournelle, le chant d’un enfant qui, concentré sur son jeu, accompagne le mouvement de ses mains en s’amusant aussi avec les mots, les sons ; un thème se répète, avec d’infimes modifications qui le transforment peu à peu, comme Steve Reich le fait dans sa musique, créant un univers lénifiant et enveloppant. De temps en temps, une nouveauté, comme un trait d’humour, d’absurde, de dérision, et plus sûrement l’invention d’une expression, d’un mot, d’un son, procure un virage brusque dans le texte, dans le paysage sonore et poétique.
Usant aussi de l’artifice typographique, Guido tente de « dilater le temps de l’écriture pour que celle-ci puisse couler, luttant contre toute tentative d’effacement ».
Je ne peux résister à un parallèle pastoral d’inspiration gionesque que me souffle mon ami Guillaume Lebaudy : « Il [le troupeau ensonnaillé] agit comme une ritournelle qui, se répétant à l’infini, avec très peu de variations, crée un territoire sonore. En venant s’opposer au chaos inquiétant produit par le silence de la montagne, il est un point de son bourdonnant témoignant d’un ordre qui contraste avec le désordre extérieur ; il délimite un territoire en mouvement. » Asinus in fabula est un troupeau ensonnaillé…
À lire et relire ce texte – on pourrait dire : à l’écouter et le réécouter –, on participe à la création de cet univers d’enfant, et de nouvelles voies s’ouvrent, de nouvelles traces s’impriment dans l’imaginaire…