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La Veillée de l'hyène

L68

Neuf

Une hyène rencontre les défunts qui errent dans ses limbes avant qu'elle en parachève la disparition…

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« Elle se dit : Jamais on n’a vu d’hyène veiller un mort… Je serai la première. Alors elle veilla, empruntant un moment une mine contrite, ce qui la fit rire enfin de son rire d’hyène. Puis, comme elle avait faim, son ongle commença de gratter la poussière. »
Elle est leur ultime interlocuteur ; elle est cynique, condescendante, et elle est propre : « sa panse est sans issue », l’hyène ne laisse rien de ceux qui paraissent devant elle. Veux-tu, lecteur, t’asseoir un moment à son flanc pour te divertir des vanités, des prétentions sentimentales, de la comédie du sens qui voudrait se jouer du trépas ? Veux-tu dès à présent poser les yeux sur le dénuement sec et sans relief de son territoire ? Veux-tu savoir comme elle répond à qui – héros, bougre, animal – l’interpelle ? Ainsi tu te feras à sa musique, à sa prose, à ses vers, avant de paraître à ton tour devant elle. Notre tour viendra. Et tandis que déjà l’on prépare un plaidoyer dérisoire, « l’hyène se dandine dans le désert en couinant ses croches inégales. »
Ce recueil présente, en une succession de tableaux dialogués, la rencontre d’une hyène avec les défunts qui errent dans ses limbes avant qu’elle en parachève la disparition. Quidams, figures allégoriques ou mythologiques sont ainsi confrontés au cynisme radical de l’animal fatal. Il arrive cependant que le rire de l’hyène s’éteigne et qu’elle demeure interdite… Les choses de la vie et de la mort ne lui sont pas toujours plus intelligibles qu’à nous. La poésie, mise en tension avec une lucidité crue, joue avec la philosophie, et propose à notre angoisse d’êtres provisoires des images équivoques.